Un vendredi d'octobre, piazza Trento e Trieste. Des gens font la queue avec un journal sous le bras, on entend d'autres langues aux terrasses, il y a des vélos partout. Pendant trois jours, la ville change de voix.
Si vous vous demandez ce qu'est Internazionale a Ferrara, la réponse courte est la suivante : un festival de journalisme, gratuit, qui amène en ville celles et ceux dont le métier est de raconter le monde. Cette année, il a lieu du 2 au 4 octobre 2026 et c'est la vingtième édition. Nous l'attendons chaque année, et nous vous expliquons pourquoi.
Avant tout : qu'est-ce qu'Internazionale
Internazionale est un hebdomadaire italien né en 1993. Il fait une chose simple et rare : il choisit des articles dans les journaux du monde entier et les traduit en italien. Il sort en kiosque le vendredi.
Depuis 2007, une fois par an, le magazine sort de ses pages et arrive à Ferrare. Le festival est organisé par la rédaction d'Internazionale avec la Commune de Ferrare, Arci Ferrara et l'Associazione IF. Son emblème est une petite planète aux traits humains, dessinée par Anna Keen : cette année, pour les vingt ans, elle joue du tambour, comme un crieur public qui arrive en ville avec des nouvelles urgentes.
Ce qui se passe pendant ces trois jours
Des rencontres, des débats, des présentations de livres, des projections, des expositions, des ateliers. Plus de deux cents invités, journalistes, écrivains, photographes et militants, venus de plus de trente pays. Les thèmes de 2026 sont ceux que nous lisons chaque matin : les guerres, l'intelligence artificielle, la crise climatique, les droits, les migrations, les nouvelles inégalités.
Quelques noms de cette année, pour vous donner une idée :
- l'historien Omer Bartov et l'écrivain palestinien Mohammed El Kurd, avec deux regards différents sur le conflit israélo-palestinien ;
- Pankaj Mishra et Adam Shatz sur le monde après le 7 octobre ;
- l'avocat Philippe Sands sur l'impunité, à partir de l'affaire Pinochet ;
- le reporter Jon Lee Anderson sur Cuba et l'avenir de La Havane ;
- Nicola Lagioia, qui présente en avant-première son nouveau roman, Santa Barbara, avec Donatella Di Pietrantonio ;
- Zerocalcare, dans deux rencontres : avec la philosophe Lea Ypi et avec l'écrivain canadien Simon Paré-Poupart.
Au fil des années, Angela Davis, Marjane Satrapi, Noam Chomsky et Arundhati Roy sont passés par ici. C'est un festival qui se prend au sérieux sans se prendre trop au sérieux : cette année, il y a aussi un spectacle de stand-up avec les témoignages de Médecins Sans Frontières, et samedi soir une fête pour les vingt ans au Circolo Arci Bolognesi.
Pas seulement des rencontres
Le festival a ses propres programmes, et cela vaut la peine de les connaître :
- Mondovisioni : des documentaires sur l'actualité, les droits et l'information. C'est la seule partie payante (5 euros).
- Mondoascolti : une sélection de documentaires sonores.
- Internazionale Kids : des rendez-vous pour les enfants, organisés par la rédaction d'Internazionale Kids.
- Fuoriclasse : le programme pensé pour les lycéennes et les lycéens.
- Ateliers : journalisme, écriture, bande dessinée et plus encore, sur inscription.
Comment participer : gratuit, mais avec un ticket
Les rencontres sont toutes gratuites et sans réservation. Il y a cependant un détail à connaître avant d'arriver.
Pour les rencontres au Teatro Comunale, au Cinema Apollo, à l'ex Teatro Verdi et à l'Apollo 3, il faut un ticket (tagliando), gratuit, à retirer au stand du festival sur la piazza Trento e Trieste. Le stand est ouvert vendredi et samedi de 8 h à 18 h, dimanche de 8 h à 15 h. Les autres rencontres sont en entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Notre conseil : le programme complet est en ligne sur le site du festival. Choisissez deux ou trois rencontres par jour, pas plus, et passez au stand tôt le matin pour les tickets. La ville fait le reste : les lieux sont sans barrières architecturales et on s'y rend à pied ou à vélo. Pour toute information, il y a aussi le numéro 0532 241419.
Pourquoi on l'aime
Parce que pendant trois jours, Ferrare est pleine de gens curieux. On discute sous les arcades, on fait la queue pour écouter quelqu'un venu de l'autre bout du monde, on sort d'un théâtre avec une nouvelle question en poche. Et nous, les gens curieux, nous les aimons beaucoup, à table aussi.
Le soir, après une journée pareille, on a envie d'en parler tranquillement. Une assiette de poisson, une bouteille de vignerons que nous connaissons, le récit de ce qu'on a entendu. Un conseil pratique, de la part de ceux qui vivent ces journées : la ville se remplit, et les tables aussi. Si vous voulez dîner chez nous, pensez-y à l'avance.
Si vous restez quelques jours de plus, octobre a bien d'autres choses à offrir : nous vous avons raconté ce qu'on aime ce mois-ci et l'exposition du Palazzo dei Diamanti, de Monet à Kandinsky, ouverte jusqu'en janvier.
Questions fréquentes
Quand a lieu Internazionale a Ferrara en 2026 ?
Du 2 au 4 octobre 2026. C'est la vingtième édition du festival, né en 2007.
Les rencontres sont-elles payantes ?
Non, elles sont toutes gratuites et sans réservation. Pour celles au Teatro Comunale, au Cinema Apollo, à l'ex Teatro Verdi et à l'Apollo 3, il faut un ticket gratuit, à retirer au stand sur la piazza Trento e Trieste. Seule la sélection de documentaires Mondovisioni est payante.
Qu'est-ce qu'Internazionale ?
C'est un hebdomadaire italien, né en 1993, qui publie des articles des journaux du monde entier traduits en italien. Le festival de Ferrare est son rendez-vous en direct.
Y a-t-il des activités pour les enfants ?
Oui. Internazionale Kids organise des rendez-vous pour les enfants, et il y a un programme dédié aux lycéens, Fuoriclasse.
Si vous passez
Trois jours de monde, dans une petite ville. Si vous venez pour le festival, la table est prête : on mange, on boit bien, et on continue à discuter.
Nous vous attendons.
